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Extrait d'une interview
de Gilbert Trigano :
| «En 1949, j'ai reçu un coup de téléphone
d'un homme qui me dit : "Je vais créer un village de vacances.
Je cherche à me procurer des toiles de tentes ; où pourrais-je
vous rencontrer ?" Cet homme, c'était Gérard Blitz, un homme
exceptionnel à la fois cliveur de diamants et champion de
water-polo, qui allait créer le Club Méditerranée, sur un
concept génial et tout à fait révolutionnaire : vivre en
communauté sur une île, le temps de la saison des vacances, et
faire partager à tous la découverte des sports de la mer.
Pendant cinq ans, je lui ai fourni des toiles de bâches pour ses
villages de tentes. Mais, fasciné par cette nouvelle approche
des loisirs, je ne me suis pas contenté longtemps d'être un
simple fournisseur témoin et j'ai rejoint Gérard.» |

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| Cinq ans plus tard, Gilbert
Trigano entre dans la danse comme directeur général. A l’époque,
« le camping c’est Trigano », et l’énergique autodidacte, fils
de pied-noirs venus d’Algérie, vend des tentes en famille.
L’ascension sera fulgurante pour Trigano, homme d’affaires
atypique, alliant réussite économique et conscience sociale. En
20 ans, les modestes villages où l’on jouait aux Robinsons
retournant à l’état de nature deviendront le premier empire
touristique mondial, bâti sur le sable : le Club Méditerranée.
Entre G.O. (gentils organisateurs) et G.M. (gentils membres), la
convivialité, l’enthousiasme, le tutoiement, le sport sont la
règle. « Mon père a passé toute sa vie à essayer d ’ apporter un
peu de bonheur aux autres », résume Serge Trigano, fils et
héritier auquel son père a cédé les commandes en 1993. A ses
détracteurs, qui lui reprochent la simpliste et parfois
sulfureuse équation « soleil et nanas », Gilbert Trigano répond
qu’il est un découvreur de lieux magiques : Cancun au Mexique,
Agadir au Maroc, Djerba en Tunisie... |
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